Vendredi, Juin 29, 2007

LES CHRONIQUES DU VENDREDI DE PHILIPPE MEYNIER

BONNES VACANCES

Les hommes de tous les temps se sont demandés si l'univers contenait à leur égard plus de bien que de mal ou au contraire plus de mal que de bien. Chacun apporte à cette question angoissante une réponse personnelle. L'enfant que je fus sonda son petit univers et trouva une réponse à sa taille.

Les mois de l'année alternent de trente ou trente et un jours. Deux mois seulement se succèdent avec une durée de 31 jours : ce sont les mois de juillet et août; ce sont des mois de vacances. J'allais en déduire que ce hasard favorable était une preuve de caractère bénéfique du destin. On me fît tôt remarquer que les mois de décembre et janvier se suivaient également  avec chacun 31 jours, allongeant l'hiver et le temps de l'école. En scrutant à nouveau le calendrier, je n'eus pas de peine à découvrir le mois de février, dont les 28 et 29 jours abrègent certainement l'hiver scolaire. Quelle chance que février ne soit pas un mois d'été! Aucune compensation ne vient abréger un mois de vacances. Le calendrier contient donc plus de bien que de mal, puisqu'un mois de travail est plus court que les autres; cet avantage n'est pas perdu par l'abréviation des vacances. Je tenais la preuve d'une tendance de mon univers enfantin au bien; le bien c'est évidemment les vacances et la fin de l'école.

Depuis, dans un univers que je me suis efforcé de concevoir plus vaste, je cherche en vain des raisons apparemment plus sérieuses de déterminer si le bien ou le mal l'emporte. Partout je ne trouve qu'hésitations, confusions et préjugés. Les vacances de l'écolier demeurent le plus certain des paradis terrestres.

Posted by Sibylle at 22:53:01 | Permanent Link | Comments (1) |

Lundi, Juin 25, 2007

SOLDES ETE 2007 (suite)

Lundi : Il semble bien que toutes les boutiques ou presque acceptent de faire les "prix soldes" dès aujourd'hui. Sur une dizaine de boutiques interrogées discrètement, les 3/4 ont consenti des remises de 30 à 50%. N'hésitez donc pas à demander gentiment, vous éviterez l'affluence de mercredi! Bonnes Soldes!

-30% ches FREE LANCE, DESCAMPS, MAJE, AUTRE CHOSE, LA MARTINA (la marque dont il faudra posséder qqchose)... -30 à -50 chez GUESS, VOTRE NOM, BISCOTTE... Sibylle SASSI

Posted by Sibylle at 17:56:00 | Permanent Link | Comments (0) |

Vendredi, Juin 22, 2007

LES CHRONIQUES DU VENDREDI DE PHILIPPE MEYNIER

LA LECON DE BRIDGE

Il est des jeux qui ne comportent aucune part de forçe ni d'adresse. Ils ne donnent au vainqueur la satisfaction d'aucun gain appréciable. Ils ne font au hasard qu'une part limité en permettant au joueur, par une connaissance approximative des lois des grands nombres, de prévoir ses chances et de prendre des dispositions en vue de les augmenter notablement. Ce sont des jeux par excellence : ils sont la négation de l'univers dans lequel nous sommes inclus dès la naissance et qui demeure toujours partiellement une donnée, même si nous arrivons à le modifier conformément à nos désirs.

On retrouve dans le jeu les principaux cadres de l'univers "naturel", mais au lieu d'être partiellement donnés et partiellement transformés, ils sont intégralement choisis et voulus. Le jeu se déroule dans un univers conventionnel, soumis à des règles totalement définies et acceptées par les participants eux-même, excluant toute ingérence extérieure et imposée. Le hasard lui-même n'y est qu'un hasard défini et limité par la convention. L'univers matériel y est circonscrit : la table de jeu; la composante humaine sélectionnée : les joueurs; le temps où il se déroule fini : la partie. C'est la cité idéale d'un contrat social parfait. Il n'est admis aucune variable indépendante non acceptée par les joueurs. Cet univers conventionnel n'obéit qu'aux lois fixées par les participants; elles doivent être respectées intégralement. Toute tricherie est prohibée : par définition, tricher ce n'est plus jouer; c'est revenir à l'univers "naturel"; c'est autre chose que le jeu.

L'univers du jeu est ainsi la négation de celui dans lequel nous sommes inclus dans la vie et que l'on dit "naturel" parce qu'il est donné tout au moins au départ de l'action des hommes. L'univers du jeu est donc choisi comme un fuite à l'égard de l'univers "naturel". Il est un refuge, une espèce d'intermédiaire entre le rêve et la réalité, le rêve qui, comme dit Musset, pour valoir mieux que le seul univers véritable, n'a pas "un seul moment besoin d'exister".

Posted by Sibylle at 16:41:37 | Permanent Link | Comments (0) |

Mercredi, Juin 20, 2007

DE LA MUSIQUE AVANT TOUTE CHOSE (Verlaine)

22 ans déjà pour la Fête du Cinéma et ses 3,5 millions en moyenne de spectateurs assidus, 25 ans pour la Fête de la Musique, un évènement attendu désormais non plus seulement par les européens mais par les passionnés du monde entier, New York, San Francisco ou Manille, l’Afrique ou le Brésil devenus partenaires de cette Saint Jean moderne ouverte à toutes les expérimentations musicales. Pas trop le temps donc de rêvasser cette semaine, musique le 21, Cinéma les 24, 25 et 26, expos et installations de toutes sortes, Paris atteint son apogée de Capitale des Arts. Organisation de rigueur et achats bien étudiés pour en profiter un max !

Fête de la musique : des années que j’enfile mes Superga blanches (celles de l’été) pour tenter d’assister à un concert au coin de la rue. Pop, rock, soul, jazz ou R’nB, classique ou mondiale, des musicos plus ou moins doués, plus ou moins déjantés et des bistrots bondés, me font renoncer cette année. Au choix, direction Lugano pour le 6ème « Progetto Martha Argerich » qui propose cette année l’adaptation pour 4 pianos de Nicholas  Economou des Quatre saisons de Vivaldi (9 au 26 juin), ou Londres pour le Festival d’Art contemporain de Glastonbury  qui met le rock à l’honneur (Bjork et Artic Monkeys sous le signe de la culture hippy, du 22 au 24 juin), ou encore Aix en Provence et l’Opéra (du 29 juin au 22 juillet, billets sur VOYAGE-SNCF.COM). Retour, enthousiasme et achats compulsifs dus à une dépendance légèrement mortifiante : Cat Power, The Gun Club, Léonard Cohen, Gram Parsons, Nina Simone, Wim Mertens, Johnny Cash, Patti Smith, David Bowie ou Neil Young  (sur CULTURA) qu’on écoutera tétanisé de plaisir et vautré au milieu de murailles de baffles hurlantes (BEST@FFAIRE) en attendant le concert futur de Julien, le crooner-rocker hautement philosophique cavalant sans relâche le long de la scène en chantant « You really got me », loin de l’urgence brute d’un Springsteen mais nous rappelant avec nostalgie l’époque où il fallait un peu de dope pour supporter Bono écorchant « Where the beat sounds the same ». Fête du Cinéma, là c’est pas pareil j’aime bizarrement la moiteur des salles obscures, la cuisse si proche du voisin de gauche et l’odeur infecte du pop-corn. Alors je me paye un premier billet plein tarif (1,5€ les suivants) et je me gave de cinq toiles de suite, sans respirer, avec bonheur, passant sans effort de Tarentino à Schrek, de Fragile(s) à Ocean’s 13, d’American Vertigo (BHL aura-t-il renoncé à sa chemise blanche?) à Gypsy Caravan, d’El Camino de San Diego à Vents Mauvais, le tout entrecoupé de junk-food trop vite avalée. A peine rentré, nécessité absolue de s’abonner à CINEBOUTIK, Cinebank ou Vidéofutur, et pourquoi pas de se payer un home-cinéma (Samsung HT-Q100 466€ sur BOOSTORE, LG J-10HD 513€ sur DARTY, Sony home cinéma DivX 479,90€ sur BEST@FFAIRE), ou un rétroprojecteur (Sanyo PLV 25, 1750€ + écran Oray 150 sur 200cm 299€ sur DARTY , écran manuel 84  sur ABIX 178,20€), à moins qu’on ne préfère un casque Headphone numérique sans fil (Cinéos de Philips 345€) pour se faire son propre cinéma. Le salon désormais équipé comme un bloc opératoire, on passera alors des soirées merveilleuses entre copains à se repasser les films arty dont on ne se lasse guère, Sink or Swim de Su Friedrich, Disinfo.con ou Absolute Mexico de Josh Pomer dont les vagues géantes nous feront attendre les vacances. Troisième étape, un peu traqueuse on se décide à tester l’art contemporain à Venise avec la 52ème Biennale (du 10 juin au 21 novembre) : Robert Storr propose 100 artistes autour du thème « Pense avec tes sens - Ressens avec ton esprit » ; on retourne à Glastonbury voir la première mondiale de la Comédie Musicale du Seigneur des Anneaux (19 juin) ou on penche pour l’étrange « Robotarium » jardin zoologique d’animaux artificiels de Leonel Moura, installé à Alverca près de Lisbonne (vol et hôtel sur PROMOSEJOURS),. Détournements de valeurs et d’univers, surprises éblouissantes, découvertes foudroyantes, on comprend peu ou prou mais on avale, on se gave et on se repet, on en jouie, c’est parfois immonde et parfois opaque, parfois si beau qu’on a envie de le détruire, mais toujours dérangeant et instructif. « Je ne cherche pas, je trouve » (Picasso). Sibylle SASSI Cette semaine à Paris, ne ratez pas :

-ArtSénat « Femme y es-tu ? », la femme sous toutes ses formes artistiques dans les jardins du Luxembourg

- « Vivants », visions animalières surprenantes sous la houlette de Yann Arthus Bertrand, quai Branly

Posted by Sibylle at 23:01:34 | Permanent Link | Comments (0) |

Lundi, Juin 18, 2007

SOLDES ETE 2007

Et en avant les soldes à partir du mercredi 27 juin 8h! Des bons plans à proposer? J'attends vite vos idées à mettre sur ce blog!

Posted by Sibylle at 14:54:26 | Permanent Link | Comments (0) |

LES CHRONIQUES DU VENDREDI DE PHILIPPE MEYNIER

DROLE DE MORALE

Je connais peu de choses aussi comiques, sans le vouloir, que la cote morale des films. Sa lecture est souvent plus réjouissante que ce qu'elle condamne.

Telle histoire de guerre où l'héroïsme sert de couverture aux crimes les plus viloents, crimes pourtant réprouvés par le droit de tous les pays civilisés, même par le droit de la guerre; un film où l'on fusille sans jugement, où l'on écrase les populations civiles sous les bombes atomiques ou conventionnelles où les non-combattants sont our à tour attaquants et otages; un fim de sang pourra être vu par tous, y compris les petits enfants. Déjà bien si l'on fait une réserve hésitante pour les plus jeunes que ce spectacle "risque d'émouvoir mais qui n'est pas mauvais en soi". On espère bien que ces petits enfants grandiront vite et que le sang ni la cruauté ne leur feront peur à l'avenir.

Est-ce que le déchainement de la violence incontrôlée et incontrôlable n'st pas un mal? Est-ce que l'excitation à la violence n'est pas répréhensible comme celle des mineurs à la débauche? Est-ce que l'exposition de scènes de violences parées de couleurs héroiques n'a pas une valeur exemplaire incitant à l'imiter?

Puisqu'on condamne un spectacle dans lequel un dénouement honnête sert de couverture à des scènes de débauche parce que l'exposition de cette débauche est, paraît-il, fort nuisible, en quoi les visions d'une cruauté déchainée sont-elles justifiées par la punition des méchants et la récompense des bons, surtout quand l'on connaît la relativité de cette définition des bons et des méchants dans l'usage de la violence réciproque.

Car si la plastique d'une actrice suggère aux garçons de courtiser les filles, cette inspiration peut trouver sa mesure et son ordre dans l'amour qu'il fondera. Au contraire, l'appel au sadisme et à la torture ne peuvent en aucun ordre trouver une place légitime. On ne peut composer avec la haine. Elle n'est pas un mal simplement relatif.

Posted by Sibylle at 14:44:45 | Permanent Link | Comments (0) |

Samedi, Juin 16, 2007

DES CADEAUX POUR MON PAPA

Mon papa,

Ce matin c’est ta fête, la maîtresse et maman me l’ont dit toutes les deux il y a très longtemps (au moins 4 jours) pour que j’ai le temps de te préparer un cadeau. J’ai bien réfléchi et j’ai trouvé des tas d’idées à ajouter à la jolie fusée de papier mâché déjà prête. Toi qui est un homme aux goûts subtils (Praxitèle ou Anselm Kieffer, Jacques Verges par Barbet Schroeder ou Marianne Faithfull en Irina Palm, Expérience Pommery #4 ou Vodka ?), tu apprécieras mon choix : il est éclectique sûrement, caustique peut-être, approprié j’espère. Voilà, mon Papa, tous les cadeaux que j’ai choisis pour toi :

-         La Grestch G5120 vintage (749€), la guitare électrique de ta jeunesse parce que celle  que tu as en ce moment, elle joue bien Johnny mais elle est pas parfaite pour l’intro de Jimmy « Voice in the Wind »qu’on aime tant.

-         un bel étui en cuir pour protéger ton bien le plus cher, celui qui fait une bosse dans la poche de tes jeans, ton Ipod (39.90€ sur COVERTEC)

-         Un costume en laine noire trois boutons pour continuer à toujours être le plus élégant (Maison Zilli)

-         Une serviette de bain rayée et son maillot noir (Paul Smith 99€ et 79€)

-         Des chemises blanches immaculées (Dior Homme 245€)

-         Plein de sweats de chez Abercrombie pour que tu sois le plus hype des papa.

-         Des bottines de cuir brun (Costume National 470€) parce qu’il me semble que cette année tu n’en as acheté que 5 paires.

-         Une montre Subchrono (SITE DES MARQUES) ou une U-Boat (qui curieusement avec un tel nom ne supporte que la profondeur d’une piscine 1650€ chez l’Eclaireur) parce qu’elles sont belles et qu’ainsi ce soir tu seras à l’heure à la vente bruxelloise de tes chers Félicien Rops.

-         Deux nouveaux parfums : Prada Amber de Prada et Antidote de Viktor&Rolf (MARIONNAUD) parce qu’ils sont sexy glamour et rock’n roll comme Mick Jagger quand il monte sur scène.

-         des accessoires de tuning (Wheel Stripes Motrax 13,50€) et un nouveau blouson pour ta moto chéri (veste Bering Broadway 99€, le tout sur IXTEM MOTO)

-         un stage de F1 ou de Karting à Magny Cours parce que je sais que tu adores jouer à être Schumi (mais sois prudent mon papa, Nouvelles Frontières 329 et 135€)

-         Un solex des années 50 au parfum de gazoline, parce qu’on a vu ton regard concupiscent, « j’avais le même » nous diras-tu joyeusement en le voyant, comme chaque fois qu’on voit une voiture de plus de 20 ans… (Solex 3800 ancien 350€env, 1195€ l’E.Solex électrique designé par Pininfarina) A ce propos, je te signale que maman en a profité pour se commander aussi une vieille Fiat 500, mais elle a dit que ce n’était pas la peine de te le dire.

-         un abonnement à Libé et Sport Auto : c’est pas vraiment trash comme cadeau mais on sait que t’aimes bien et tu les recevras directement (plus le Journal de Mickey pour moi, Vogue, Marie-Claire et Cuisine Actuelle pour maman qui dit que c’est plus intéressant si on regroupe tous les abonnements). Sur JOURNAUX

-         une bouteille de whisky, pour l’alcool et la défonce…non, non, pour remplacer celle des invités qui est presque vide (Ardbeg almost there 54,1% 54€ sur LA MAISON DU WHISKY)

-         Et puis mon papa, je ne puis résister à l’envie de t’offrir de nouveaux outils, toi qui viens de te découvrir une touchante passion pour ces objets que tu sembles avoir envie de collectionner. Tu choisiras sur TOPACHAT (sculpte haies et cisaille à gazon sans fil Black&Decker 74,90€), j’aime bien les scies mais si on danse ?

Voilà mon papa, tout ça c’est pour toi, j’y ajouterai quelques baisers poisseux, des câlins indolents et des rêves heureux de petits garçons. Bonne Fête mon papa et presque bon anniversaire puisque je me suis aperçu que curieusement cette fête était née en France la même année que toi ! C’est sûrement signe ! Ton petit garçon chéri (aidé par Sibylle SASSI) 
Posted by Sibylle at 12:09:11 | Permanent Link | Comments (1) |

Samedi, Juin 09, 2007

LES CHRONIQUES DU VENDREDI DE PHILIPPE MEYNIER

Parce que l'homme est ainsi... 

Pourquoi travailler alors qu'il est si simple de se reposer? Pourquoi allonger les vacances quand il suffirait de supprimer la rentrée? Pourquoi exprimer les choses simplement alors qu'il est si facile de les compliquer? Pourquoi mettre de l'ordre quand toutes choses courent si allègrement au désordre spontané? Pourquoi la raison quand le hasard est tellement plus apaisant par son absurdité même? Pourquoi la justice quand l'injustice vient toute seule? Pourquoi chercher le mieux, s'il est l'ennemi du bien? Pourquoi combattre le mal alors qu'il ne demande qu'à pactiser? Pourquoi aimer la beauté quand la laideur est partout? Pourquoi rire de la sottise alors qu'on peut y rester indifférent?

Pourquoi tant de batailles alors que ce sont toujours les plus forts qui gagnent : il suffirait de compter les forces de chacun avant le combat pour attribuer la palme aux plus gros bataillons et aux mieux armés sans avoir besoin d'égorger la moitié de la troupe pour arriver au même résultat.

Parce que l'homme est ainsi, qu'il n'est jamais satisfait ni immobile et qu'il se définit le mieux par sa recherche et sa conscience et par la conscience de sa recherche incessante et insatisfaite.

Posted by Sibylle at 12:39:45 | Permanent Link | Comments (0) |

Vendredi, Juin 08, 2007

MERE ET FILLE

Lorsque je reçu ce matin un joli carton d’invitation nous invitant, moi et ma fille, à un pique-nique chicos au soleil, je fus ravie. Puis je vis, tout en bas à gauche, la mention « telle mère,
 telle fille : vous arriverez semblables ». J’en fus stupéfaite. Il me restait alors 2 jours pour découvrir que, venue des USA, cette mode envahissait déjà les collections et faisait la joie d’un certain nombre de mères. Seraient-elles toutes, ces mères, des Déméter rêvant d’un monde où leurs filles resteraient leurs clones, les empêchant de se transformer en Perséphone, reine libre et souveraine dont la possible mutation permet la Liberté ? Dangereuse tentation de céder à l’idée de la mère patriarcale, voulant apprendre à sa fille la féminité lui permettant de s’intégrer dans la société mais au prix d’une liberté souvent sacrifiée. Difficile ambiguïté donc des relations mère-fille dont la fusion ne devra jamais faire oublier la distinction.

En interrogeant toutes les bonnes copines, il apparut donc que le cas s’était déjà posé et on me fournit prestement quelques marques susceptibles de nous vêtir toutes les deux (l’une en 38, l’autre en 8 ans !). Course donc d’une mère et d’une fille à la recherche d’une tenue « synchro » : épuisant ! Première marque à avoir fait poser mère et fille habillées par ses soins (sauf que la fille a généralement nettement plus de 8 ans), Comptoir des Cotonniers : j’empoigne ma fille (la malheureuse petite ne sait pas la journée qui l’attend) et on y va. Accueil très sympa, la vendeuse trouve l’idée ravissante, et nous voilà vêtus très joliment d’une tunique en voile de coton (55€ pour moi, 40€ enfant) et d’un pull de coton gris perle (85€ et 60€), la collection enfant est simple et élégante, on reviendra. Egayées par cet essayage commun, on tente Maje et là pareil, la collec enfant est trop mignonne, on essaie tout sur le regard tout de même un peu désabusé des vendeuses toutes emballées dans des robes-housses plus ou moins seyantes. On trouve un long gilet (noir ou gris 115€ et beige ou taupe69€) à mettre sur un top à bretelles en mailles (noir ou gris lurex 75€ et 59€), et on hésite avec la tunique en crêpe de Chine posée sur un jean.  Autre lieu réputé Zadig et Voltaire, mais là déception, on est en fin de saison, il ne reste plus que les tunisiens en commun entre les deux collections. Ils sont tout effilochés aux coutures et même si c’est fait exprès et malgré l’aigle ou le papillon dans le dos, on renonce (75€ et 45€, j’adore quand même les pulls en cashmere aux inscriptions rock’n roll).

Direction Essentiel, la marque belge qui débarque, aux tendances « ethno-chic-bohème -glamour » : on y retrouve évidemment les fleurs qui ont pris le pouvoir cette saison, plus ou moins grandes, plus ou moins brodées mais hors un petit chemisier brodé (brun 69€) à l’enfant, la collection manque un peu de simplicité et ne nous séduit pas plus que l’accueil d’une vendeuse pas vraiment concernée par nos recherches. Un peu à part, Moi et ma Fille, œuvre d’une styliste taiwanaise installée à Paris, propose des vêtements luxueux assez sophistiqués dans une gamme noir et blanc plutôt séduisante (robe en dentelles et guipures 205 et 105€). Toujours dans un style chic, Bonpoint propose toutes les saisons en taille femme les ravissants modèles qui ont fait sa réputation, on ne peut qu’être séduites par cette alliance toujours renouvelée de la mode et de l’élégance (robe en crépon plissé beige ou châtaigne 110€ et 90€). Marc Jacobs a lui aussi lancé une collection enfant en symbiose avec la femme, toute en légèreté et douceur on y retrouvera les tuniques en dentelles (95€) et les petits chemisiers à fleurs qu’on aime.

On continue plus sportswear avec Le phare de la baleine et ses petits cardigans en coton ajouré (rose ou fumée 91€ et 75€), Lacoste et ses robes de tennis à bretelles ou forme polo de toutes les couleurs, idéales pour concurrencer Amélie (125€ et 50€) et Loft design by avec ses sublimes sweats en cachemire et soie (150€ et 90€). Je cède à une petite part d’équitable avec le lapin-doudou bio (24,90€) réclamé par ma poulette (la pauvre arbore le masque tragique d’un enfant soumis au pire) et assorti aux  débardeurs en coton bio de Somewhere (14,90€). Pour la nuit, on va s’offrir un ensemble Princesse Tam-Tam (tee-shirt en coton gris à pois blancs 29€ et 20€) ou Laurence Tavernier (la sœur de Bertrand) dont les petites chemises de nuit en plumetis blanc, à défaut d’être très glamour sont follement romantiques (125€ et 62€).

Alors voilà, on peut s’habiller pareil ou presque pour s’amuser un jour, la mère regardera sa fille comme « un ancien reflet d’elle-même», comme « ce qu’elle fut » et la fille la regardera car elle sait qu’un jour elle sera comme elle. Mais on brisera là la symbiose au pouvoir potentiellement si destructeur et on gardera l’essentiel de cette relation si fusionnelle, l’amour, la tendresse et la liberté. Sibylle SASSI

Posted by Sibylle at 19:58:33 | Permanent Link | Comments (1) |