Vendredi, Octobre 12, 2007

DINER EN VILLE

Samedi soir on a un dîner. Samedi dernier on en avait un. Samedi prochain il est bien probable qu’on en ait un autre. Et encore le samedi d’après. Sans compter les impromptus de milieu de semaine. Et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps. Et en partant du principe que « dans la vie l’essentiel est de porter sur tout des jugements a priori » (Boris Vian), il apparaît qu’ils se ressembleront. Tous. Plus ou moins. Et ils auront tous au moins un point commun : on peut pas arriver les mains vides. Début de l’enfer.

1ère hypothèse : on connaît pas du tout nos hôtes, des précautions s’imposent, on fait classique : fleurs, pinard ou chocolat. On apporte ou on fait livrer le lendemain ? Question ibsénienne à laquelle on tentera de répondre:

-         on s’habille hyper festif et on va défoncer nos Manolo Blahnik en piétinant à 20 heures dans les mares stagnantes de Monceau Fleurs ou du Jardin des Fleurs derrière tout le quartier qui est là. On hésite deux plombes entre les roses, les tulipes et une branche de forsythia comme un souvenir d’enfance, on frissonne devant le bouquet trop bigarré d’un commercial en surchauffe nerveux comme un lévrier, le papier glacé crisse, et on sort en courant pour cueillir la prune qu’on vient de récolter en plus.

-         On est prévoyant, on s’arrête à 6 heures chez Au nom de la Rose (11 roses de campagne multicolores 18€),  à la Maison du Chocolat (22,9O€ les 230g de chocolats noirs), chez Jeff de Bruges (ballotin de 500 g à 16,40€), chez De Neuville (ballotin 470€ à 18,80€), ou Nicolas et on ressort rasséréné, l’objet à la main, avec l’air fat et satisfait de l’homme respectable.

-         On est super organisé, on commande le top sur Lavinia (Laurent-Perrier Brut 28,50€), Grigno Tek (Eau de Vie de Poire 29,50€), Aquarelle, 123 Fleurs, Interflora, ou La Maison du Whisky à faire livrer le lendemain, c’est chic et on a encore le temps de s’envoyer quelques verres au bar du Fouquet’s Barrière avant de rejoindre ce dîner de cons au volant d’une Mercos 5 l qu’on conduira comme une tondeuse à gazon.

2ème hypothèse : on connaît la maîtresse de maison, elle a tout, comme tout le monde, on se souvient qu’ils ont un enfant nommé Bob, à moins que ce ne soit leur chien, mais elle suit la mode, on va donc lui refiler les dernières tendances : -         Tout japonais : comme Amélie Nothomb, on en pince pour le pays du soleil levant, on a le choix entre du thé (Mariages Frères), des baguettes précieuses (Christofle 55€), du Japonese Bath à la fleur de cerisier (Shu Uemura 29,50€), du papier à lettres dont les papillons s’envolent délicatement ou des piques à cheveux laqués (20€ et 15€) au Bon Marché

-         Tout déco, pour ses tables baroques, graphiques et opulentes, on a le choix entre les bougies noires d’Ex Voto (Absolut Ginger 40€) ou de Jowood, les verres noirs d’Habitat (8€), les bougeoirs-gobelets teintés d’argent de Leonardo (5,25€), ou les tête-à-tête luxueux de Beauvillé (« Caucase » ou « Aïda » 40€)

-         Tout œnologie, pour son homme au visage d’épave : une clé à vin (Screwpull 89€), un égouttoir à carafe (Atelier du vin 17€), un tire-bouchon perroquet d’Alessi (env.44€), ou un abonnement de 3 bouteilles/mois pendant 6mois (Chateauonline 197€) qui l’achevera.

21 h, je suis prête, il me revient soudain à l’esprit qu’elle pourrait avoir une belle-mère junkie, j’ai donc apporté des lots de consolations empilés dans mon cabas comme des corps au fond d’un charnier, 6 assiettes au profil animalier (Fou de Dînette 16,50€), un pot d’un kilo de confiture de fraise à la menthe (Bonne Maman au Galeries Lafayette), une paire de bottes en caoutchouc (Marc Jacobs 39€), une bouteille de Mumm Grand Cru (Fauchon 38€), et le HTC Touch Pocket PC (Orange). La chambre aux murs de guingois baille doucement sous les rayons du soleil déclinant, mon cavalier a le regard limpide comme un verre de gin, l’envie de rester devient incoercible, il ne faut pas, ce soir c’est samedi et on dîne. Sibylle SASSI

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Dimanche, Octobre 07, 2007

LES CHRONIQUES DU VENDREDI DE PHILIPPE MEYNIER

LA LIBERTE DE L'HISTOIRE

Il est plus facile de "prédire" le passé que l'avenir. J'entends "prédire" au sens de mettre en théorie, en une suite logique, une série d'évènements; même pour le passé ce n'est pas si facile. On y arrive cependant et bien des systèmes expliquent la suite des évènements de l'Histoire des hommes jusqu'à leur publication. Chacun se construit sa petite histoire personnelle  qui explique pour lui seul ce qu'il fut et ce qu'il croit être. L'enfance, l'adolescence le début de la maturité se mettent en ordre pour un homme qui se justifie à ses propres yeux.

Mais il ne faut pas laisser dormir ces belles théories en quelque armoire close ou au fond de la mémoire. Si on ne les a retouchées et qu'on les reprenne des années après, on s'aperçoit qu'elles ont tout expliqué de ce qui les précédait, mais rien de ce qui les a suivies. Comme s'il y avait une liberté de chacun et de tous, une trop grande diversité de chemins à compter de chaque point; avoir pris l'un d'eux pour un temps, ne nous oblige pas à le continuer. A y regarder de près, ceci est assez réconfortant. Notre destin personnel ou collectif contient encore plus de possibles que nous ne pouvons en imaginer. Les faiseurs de système ne prédisent que la nostalgie de leur propre passé habillé de mots nouveaux.

L'imagination de l'Histoire totale, comme l'imagination de l'histoire de chacun, sont encore infiniment plus grandes que notre imagination personnelle. L'inconnu qui nous attend justifie toute crainte, toute espérance et d'abord toute curiosité...Heureusement. (retranscription Sibylle SASSI)

Posted by Sibylle at 22:52:59 | Permanent Link | Comments (0) |

Vendredi, Octobre 05, 2007

SPOTS DE SPORT

Lorsque Platon enseignait à l’Académie ou Aristote au Lycée, célèbres gymnases d’Athènes, la recherche de la Beauté du corps ainsi que l’hommage aux Dieux étaient les incitants, avec l’orgueil de la vie, à l’apparition de la nouvelle religion de l’athlétisme. La création des gymnases, temples et foyers de vie regroupant toute un population s’étend alors partout, exaltation de la vie humaine car, ainsi que nous l’exprime gaiement un contemporain : « le cheval donne à son cavalier l’impression d’avoir 4 jambes ! ».

Antithèses de Sparte, seule Cité antique admettant aussi les femmes dans ses gymnases, Curves, Lady Moving et Lady Fitness ne veulent pas d’hommes dans les leurs et se concentrent sur les circuits forme/minceur/30 mn, pas trop glamour mais efficaces pour les plus pressées, aussi ai-je décidé, pauvre femme aimant les hommes que je suis, d’aller plutôt traîner vers L’Usine, temple luxueux du Sport dans le triangle d’or parisien.

14h : look sport : ensemble tee-shirt à capuche et short gris Freddy (39 et 39,90€), sweat Dimensione Danza et it-bag Fendi à 2000 tickets pour remonter le niveau : espace à la déco très loft post industriel, bois sombre et murs aux briques apparentes, salon de cuir lounge, silence et odeur douce, on est loin de la musique assourdissante et des relents odoriférants de certaines salles. J’ai droit à la visite complète après avoir exprimé mon souhait de (peut-être) m’inscrire. Machines ultramodernes, espace cardio, musculation, cycling ou stretching, évidemment tout y est, Pilates et Power Plate, Yoga ou sports de combat, 70 cours par semaine, l’éventail est parfait même si l’espace est beau mais pas immense. Numerus Clausus me répond le « Mécano », 2000 adhérents très diversifiés donc jamais d’attente aux machines  (peu de monde à cette heure-ci, un homme chauve comme une ampoule électrique pédale mécaniquement les yeux vissés sur un magnifique écran de télé, un deuxième en mini-short s’enferme religieusement dans une cage à strech aux relents vaguement sado-maso).

Cerise sur le gâteau, salles de repos à la lumière tamisée, vaste sauna, hammam carrelé et salle de soins et de massages somptueux dans les sous-sols voûtés. Reste le prix, élevé, et les suppléments si l’on souhaite coaching (88€/séance), casier individuel (250€), prêt d’I-pod, pressing ou autre douceur.

 Voulant rester raisonnable (mais à l’impossible nul n’est tenu), je m’oblige à une deuxième enseigne, le Club Med Gym est derrière chez moi, tout le quartier y va, mais après tout le tarif est plus bas. Accueil délicieux de Monic qui n’hésite pas une seconde à me faire visiter, salles immenses, personne ou presque (une femme à la cage thoracique style radiateur marchant comme si elle était montée sur roulettes), conditions idéales en dehors des heures de pointe (parce qu’à partir de 18 h, c’est l’usine ( !), à deux par machine me dit-elle avec humour). Le cours de Rock ou de danse orientale me tente, vais-je m’inscrire ? Aucune pression, un prof acharné comme un marteau piqueur répète son enchaînement, je rêve que grâce à lui j’en ressortirais mince et musclée, je souris déjà en évitant le regard de bête traquée d’un homme  écrasé sous une barre de fonte, je réussirais me dis-je, un peu de volonté, et je serai transformée en GI Jane, je renoncerais à tout ce qui est mauvais, je serais à nouveau mincissime et trendy, hype et glamour, poétique et séventies, je ne me sécherai jamais les cheveux toute nue dans les vestiaires, je n’exhiberai pas mon corps fripé comme s’il le fallait, je garderai la pudeur qui sied, je serai resplendissante, « je ne suis pas un être humain, je suis de la dynamite » (Nietzsche). Sibylle SASSI

CLUBS

 

TARIFS*

 

 

 

 

 

FOREST HILL

 

70€/mois+120€ inscription

 

MOVING

 

690€/an+150€ incription

 

CLUB MED GYM

 

Carte de base 735€ /an

 

LADY MOVING

 

59€/mois+100€ inscription

 

CERCLES DE LA FORME

 

625€/an+50€ inscription

 

L'USINE

 

1390€/an

 

VIT'HALLES

 

680€/an

 

CURVES

 

49€/mois+149€ inscription

 

 

 

 

 

* Tarifs de base fournis à titre indicatifs, fluctuant selon les salles,

 

 votre âge (étudiant, sénior…), votre (éventuel) comité d'entreprise,

 

et votre capacité de négociation!

 

 

 

Posted by Sibylle at 19:10:15 | Permanent Link | Comments (0) |