WHO’S NEXT PRINTEMPS-ETE 2008 : FASHION GOES ON !
La rentrée et déjà il faut étudier la mode de l’été prochain. Maxi cabas à l’épaule et bottes cavalières aux genoux, je m’enfourne comme tous les 6 mois dans cette gigantesque usine des tendances prête à me régurgiter complaisamment les dernières créations dont aucun de nous ne saurait plus ses passer. 12h30 : sous le regard habituellement haineux d’un stock d’attachées de presse ou se proclamant telles, j’arrache un siège libre devant le podium dégoulinant de lumière du show. Revue de mode des 70’s à aujourd’hui menée par un fantastique condensé du Rocky Horror Picture Show revu façon 5ème élément qui se déjante sur les sons disco-funk de la Tecktonik; perruques afro, paillettes et talons aiguilles entraînent dans la sensualité et le glamour des silhouettes multicolores, gaies et fluides mélangeant sans complexe aucun couleurs flashy ou plus graphiques, style disco ou hip hop, polos british ou tendances ethniques accessoirisés à mort de gants, lunettes, ou talons extravagants qui feront comme toujours de notre élégance estivale une inestimable protection.
Les Jeans encore et toujours, tous usés pour une allure vintage, encore slims (adieu les skinny) mais de plus en plus de tailles haute et jambes larges : Phard, Koyo jeans, Blue Cult, Acquaverde, Youdally ou Ernest (mieux vaut alors avoir le ventre de Madonna que celui du regretté mais gros Pavarotti) côtoient des tonnes de tee-shirt glamour et strass, pailletés à l’excès ou aux imprimés souvent 60’s (Kate&Jack et ses tee-shirts Marylin, Blackpearl avec bulldog et trèfles à 4 feuilles, Hello Kitty, Van Dutch dont on évitera définitivement les baskets glitter mais dont on adore les ruineux tee-shirts siglés Ed Hardy, Lili la Tigresse, Philip Plein, Free for Humanity, Snob, Touch Luxe, Aston’s Master Vintage, Kaporal) donnant tous dans un bling-bling foudroyant.
Pas moins discret et, passé 15 ans encore plus dur à porter, le fluo flashy perdure jusqu’à l’été par petites touches ou pièces entières (Elle, Mellow Yellow et ses sandalettes, Lazy Oaf. J’aimerais vraiment me mettre un masque de Smiley jaune fluo sur la figure en écoutant Eminem et obliger ces foutus créateurs à porter ça pendant 15 jours !) Mention spéciale pour Crocs dont les immondes sabots parfaitement inutiles ont parasité notre été et qui semble pourtant enclin à faire du mauvais goût sa référence de base ! Couleurs multicolores toujours en force dans les collections des chausseurs sport (Keds, Springcourt, Converse, Superga, Gola et son infinité de sacs, Air Force One) et coup de cœur pour les mocassins en peau et les bottes indiennes de Minnetonka dont la vue me transforme malgré moi en acheteuse compulsive ultra wild !
Plus tard. J’échoue, telle une sirène à Copenhague, sur le stand ultra clinquant de Victoria’Couture. Affluence record, la malicieuse chatte Kitty se retrouve sur les maillots, pulls en cachemire et multiples accessoires plus ou moins clinquants auxquels elle nous a désormais habitués. Mais, le buffet est abondant et, vautrée dans le cachemire, je consulte religieusement le catalogue le temps de me bourrer de canapés et de descendre trois petites coupes !
15h : je dodeline, la chaleur m’écrase (serais-je défoncée ?). J’ai le cœur à la dérive et je dirige mes pas hésitants vers les basiques, les « tons macarons », toutes ces »petites » marques créatives qui offrent matières et coupes soignées à des prix abordables et qui nous boboïseront cet été. Bellerose et Filippa K proposent de petits costumes gris (le gris devenu le « nouveau noir ») bien ajustés et des cardigan de coton aux manches bouffantes allant à ravir sous les paletots de cuir fauve au col arrondi et manches ¾ de Hampton Bays. Des Petits Hauts de jersey gris ou beiges aux formes fluides iront sous les cachemires élégants (Les Petites), les robes sont féminines et pour toutes les occasions, tantôt casual chic, tantôt baby doll chez Sandro, Bérénice, Blancs Manteaux, Bel Air, Ba&sh, American Retro, Lil pour l’autre, Iro ou Swildens.
17h : Je me dirige vers la sortie, écrasée sous le poids de 13 kg de catalogues, 7 sacs publicitaires, 1 éventail espagnol (Desigual), 5 cordons à portable ou clé, 4 tee-shirts (dont 3 Chevignon, j’ai refait 3 fois le tour du stand), 9 porte-clés, 32 auto-collants et une paire de bas bizarrement offerte par un japonais ambigu auquel j’étais prête à claquer le beignet. J’ai eu quelques coups de cœur, j’ai dansé sur de la tektonik, j’ai un peu perdu le contrôle, j’ai vu les clients et leur œil bovin, j’ai définitivement renoncé au lifting, j’ai vu la mode premium, la mode conceptuelle, les marques féminines qui montent et le streetwear funky, je rentre éperdue. Sibylle SASSI
Mes coups de cœur du Salon :
- Josephine&Co pour ses silhouettes cavalières chics, bottes très hautes et chemises éclatantes sous des vestes strictes
- Urbahia pour ses délicieux petits impers en coton ou vinyl multicolores
- Maison Fabre pour ses gants « absolutely fabulous » (au Bon Marché)
- Vicomte Arthur : allure sportive et qualité irréprochable pour un nouveau venu dans l’univers du luxe
- Le Qee, petit personnage mythique, en vente chez Artoyz