LES CHRONIQUES DU VENDREDI DE PHILIPPE MEYNIER
BONNES VACANCES
Les hommes de tous les temps se sont demandés si l’univers contenait à leur égard plus de bien que de mal ou au contraire plus de mal que de bien. Chacun apporte à cette question angoissante une réponse personnelle. L’enfant que je fus sonda son petit univers et trouva une réponse à sa taille.
Les mois de l’année alternent de trente ou trente et un jours. Deux mois seulement se succèdent avec une durée de 31 jours : ce sont les mois de juillet et août; ce sont des mois de vacances. J’allais en déduire que ce hasard favorable était une preuve de caractère bénéfique du destin. On me fît tôt remarquer que les mois de décembre et janvier se suivaient également avec chacun 31 jours, allongeant l’hiver et le temps de l’école. En scrutant à nouveau le calendrier, je n’eus pas de peine à découvrir le mois de février, dont les 28 et 29 jours abrègent certainement l’hiver scolaire. Quelle chance que février ne soit pas un mois d’été! Aucune compensation ne vient abréger un mois de vacances. Le calendrier contient donc plus de bien que de mal, puisqu’un mois de travail est plus court que les autres; cet avantage n’est pas perdu par l’abréviation des vacances. Je tenais la preuve d’une tendance de mon univers enfantin au bien; le bien c’est évidemment les vacances et la fin de l’école.
Depuis, dans un univers que je me suis efforcé de concevoir plus vaste, je cherche en vain des raisons apparemment plus sérieuses de déterminer si le bien ou le mal l’emporte. Partout je ne trouve qu’hésitations, confusions et préjugés. Les vacances de l’écolier demeurent le plus certain des paradis terrestres.
Moi je dis y’en a autant l’un que l’autre… et je cherche pas plus loin.
Nan mais ça sert à quoi de se mammouther la vie avec des questions comme ça ?
C’est WE, c’est vacances, c’est soldes, et on en profiterait pas ?
A la vérité non, j’en profite pas : WE de temps pourri, vacances de chômage, et pas de sous pour magasiner (comme disent nos amis québéquois).
Mais je suis bien, tranquille, et même je chante avec la radio : c’est dire si j’ai la pêche ^^