VIVA ESPAÑA !
« Color, caos, concepto » l’expo célèbre les 25 ans de la créatrice AGATHA RUIZ DE LA PRADA , designer de la fantaisie et des couleurs, couleurs de luxe également chez CAROLINE HERRERA qui sort son Andy Bag hommage à Wharhol, et chez ISABEL CASTANER qui transforma l’espadrille en création de mode. A elle seule, l’Espagne a créé les marques les plus populaires plébiscités par les consommateurs du monde entier : INDITEX (ZARA, ZARA HOME, BERSHKA, MASSIMO DUTTI, OYSHO, KIDDY’SCLASS) et EL CORTE INGLES (SFERA : Vêtements et accessoires dans plus de 70 magasins), la plus grande chaîne espagnole de grands magasins, très populaire et à l’offre très diversifiée, me tendent les bras à tous les coins de rue et je ne peux résister à l’envie de quelques nouveautés à environ -30% par rapport aux prix français ! Malgré toutes mes questions je ne parviendrais jamais à découvrir les outlet ZARA dont l’adresse est quasi mise à prix sur la Toile, en revanche les MANGO outlets sont là et me voilà juchée sur une paire de sandales de cuir rouge verni à 14,90 au lieu de 64 ! Pas mal quand même ! Certaines boutiques sont superbes, FRIDAY’S PROJECT propose DIESEL, FORNARINA, CONVERSE, NOLITA, MUNICH, RARE, DOUBLE AGENT, je m’offre un pull très mode griffé ONIX pour 30 euros et des ballerines argentés GLORIA ORTIZ ressemblant à s’y méprendre à des Roger Vivier pour 60.
Pause déjeuner chez BOCCATA, chaîne style fast-food à l’espagnol mais au décor soigné qui propose « jamon, tortilla », baguette ou chapata pour 7 euros avec une boisson. Puis visite chez CORTEFIEL, spécialiste omniprésent de la vente au détail d’habillement qui outre sa ligne pour les plus de 30 ans propose également SPRINGFIELD et WOMEN’SECRET, leader de la lingerie en Espagne. Toute la parfumerie est chez IF, les espagnoles aiment le make-up, les lunettes de soleil et les accessoires glamour, elles seront cet été comme nous accro des franges à la Pocahontas (bottes TONY MORA), des sandales argentées (PURA LOPEZ), des fringues genre plexi (ANTONIO PERNAS), des mini tuniques (PEDRO DEL HIERRO ou MANGO), et de la tendance rétro (BLANCO). Elles tenteront de mincir, elles travailleront de plus en plus, elles habilleront dès qu’elle le pourront leurs enfants-roi chez TOMMY HILFINGER, RALPH LAUREN, GANT ou LA MARTINA, elles danseront le soir au GARAGE à Madrid ou au VERTICAL à Valence au son d’ARIEL ROT, l’enfant chéri du rock espagnol, en compagnie de leurs hommes si sombres et si beaux, elles se cambreront sur des musiques andalouses, elles rêveront de surfer dans l’espoir incongru de rencontrer SERGIO MUNIZ, elles réciteront FEDERICO GARCIA LORCA, elles voyageront, on les connaîtra mieux, elles sont nos sœurs européennes. Sibylle SASSI
La femme adultère (extrait) Federico Garcia Lorca A Lydia Cabrera y a su negrit
Je la pris près de la rivière
Car je la croyais sans mari
Tandis qu’elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s’éteignirent les lumières
Et s’allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis
Sa poitrine pour moi s’ouvrit
Comme des branches de jacinthes
Et dans mes oreilles l’empois
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par douze couteaux à la fois
Les cimes d’arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivière
étincelantes et sandales lamées divines, 10 ans après l’ouverture, la Mode est toujours là et le vintage à l’Homme visiblement bien installé. Pas de fripes bien sur ici, mais des rééditions et des pièces réactualisées : multitudes de polos, pièces indispensables de la garde-robe masculine du printemps, FRED PERRY, LACOSTE, ADIDAS, MONCLER, MARC JACOBS, LIBERTINE, JUNYA WATANABE (arrivée de la sublime collection LA MARTINA au mois de mai), tous terriblement seventies, bicolores et gansés, tee-shirts ORIGINAL FAKE, JOSH GOOT, FULL CIRCLE, baskets en édition limitée NIKE, REEBOOK, pulls tennis et vestes rayées fleurant une autre époque, le vintage homme se concentre principalement sur le thème des sports : bowling, foot, baseball, golf ou polo.
J’hésite entre la stupeur (va-t-il vraiment falloir racheter de ces trucs dont une partie est …discutable et pleine d’acrylique pour être hype ?) et la joie, me rappelant soudain la quantité de fripes entassées dans mes armoires de campagne (de magnifiques STAN SMITH datant de mes années de lycée il me semble, et des robes COURREGE empestant la naphtaline) en attendant d’être bazardées chez Emmaüs ! Coté femmes cependant, si on retrouve une tendance rétro dans les accessoires, boucles de souliers et sautoirs ROGER VIVIER très glamour rétro, sequins et diams omniprésents sur les robes, les encolures et les ceintures, hors de question de ressortir ses propres vieilleries, tout a été fashionisé et la brillance fait figure de loi : mocassins argentés CARSHOE, spartiates dorées JIMMY CHOO, ballerines REPETTO…l’été brillera.
Ennemie du renoncement et voulant boire la coupe jusqu’à la lie, je me traîne jusqu’au nouveau concept-store dont on parle: GUS. Je m’attends là aussi à une immensité vibrant de techno et tenue par une armada de vendeurs aux looks improbables, affreuse déception, 150m² tout au plus et un vendeur plutôt style étudiant propret ! Quant aux innombrables clients, ils se résumaient aujourd’hui à « moi ». Attention précision tout de même, l’endroit est réservé à l’Homme.
Aussi loin que je m’en souvienne Pâques a toujours été une fête. Un moment merveilleux, un instant à part. Nous allions passer les vacances en Charente, au bord de la mer et lorsque nous nous levions, souvent dès l’aube, nous nous précipitions dans le jardin soulever la moindre racine qui aurait pu cacher l’œuf apporté pendant la nuit par les Cloches de Rome. Nous ne fûmes jamais déçus, ma grand-mère ayant œuvré depuis fort longtemps afin que tous puissent se régaler de ses œufs peints, évidés et garnis d’un mélange connu d’elle seule que nous nous acharnerions ensuite pendant de longues années à tenter en vain de reproduire. Pâques triomphe de la Liberté, signe universel de Vie, jour choisi par Tolstoï ou Gogol pour changer la destinée de ses héros, souvenir d’un Louis XIV à son apothéose distribuant lui-même ses œufs d’or à la Cour et aux laquais, Paques fêtées cette année le même jour en Orient et en Occident, et Pâques devenu malgré tout le triomphe du Chocolat.
Luxueuse également, LA MAISON DU CHOCOLAT propose, outre ses œufs, un atelier de cuisine destiné à apprendre à faire la ganache à tous ceux qui ne maîtriseraient pas encore cette technique essentielle de la vie quotidienne (70 euros la séance sur réservation). Plus abordables et toujours aussi bonnes, les « Langues de Chat » de GALLER, hommage à Philippe Geluck (10,90 euros les 18 pièces), et séduisante la nouvelle poule « Charlotte » de JEFF DE BRUGES, aux airs de bonne fille de basse-cour prête à être croquée et contente de l’être (9,70 euros). Présent partout en France, L’ATELIER DU CHOCOLAT, je ne sais pourquoi, m’a presque émue : tout le long des étagères, les petits animaux de chocolat sagement rangés ressemblent à s’y méprendre à des rangés de santons de Noêl, il se dégage des petits canards, des poussins, des chats, ou des chiens une sorte de douceur enfantine, une tendresse étrange qui m’ont obligée à en acheter trois douzaines d’un coup ! (1,90 pièce -malédiction je sais que je n’aurai jamais la force morale de les donner !) Et tout près de chez vous, MONOPRIX a adopté de très mignons oursons belges au design ultra moderne (ME TO YOU 5,99 euros pièce).