Monday, April 30, 2007

VIVA ESPAÑA !

20 ans après le début de la MOVIDA, ce mouvement créatif culturel et artistique marquant la fin de la dictature franquiste, l’Espagne éclate de créativité dans tous les domaines et montre à ses visiteurs éblouis un visage où la libération des mœurs, une exubérante vitalité et une transformation réussie des modèles culturels européens ont su s’allier avec la mise en valeur de son patrimoine historique et de ses traditions les plus caractéristiques. Etrange Espagne  où se côtoient sous un soleil radieux les façades rococo, puis néo-classiques, les barres d’immeubles presque HLM aux quinze étages poussiéreux et aux bow-windows écaillés, et les projets ultramodernes tel le GUGGENHEIM de Bilbao exposant Jeff Koons, Anselm Kiefer et les artistes les plus pointus de l’époque. Troublante Espagne où le linge pends toujours aux fenêtres à l’arrière des hôtels 5 étoiles, où l’uniforme vert ou marine des écoliers croise les jeans troués des écoles privées, où on hésite le soir entre un fast-food ultra moderne, un bar à tapas plutôt festif plus proche de la vie nocturne d’un Almodovar et un troquet traditionnel où les mamies jouent aux cartes tandis que la mort atroce d’un taureau dégoulinant de sang passionne visiblement certains. Séduisante Espagne où les enseignes se mettent au diapason de cette furieuse envie de vivre pour nous proposer une mode éclatante de gaieté.

« Color, caos, concepto » l’expo célèbre les 25 ans de la créatrice AGATHA RUIZ DE LA PRADA , designer de la fantaisie et des couleurs, couleurs de luxe également chez CAROLINE HERRERA qui sort son Andy Bag hommage à Wharhol, et chez ISABEL CASTANER  qui transforma l’espadrille en création de mode. A elle seule, l’Espagne a créé les marques les plus populaires plébiscités par les consommateurs du monde entier : INDITEX  (ZARA, ZARA HOME, BERSHKA, MASSIMO DUTTI, OYSHO, KIDDY’SCLASS) et EL CORTE INGLES (SFERA : Vêtements et accessoires dans plus de 70 magasins), la plus grande chaîne espagnole de grands magasins, très populaire et à l’offre très diversifiée, me tendent les bras à tous les coins de rue et je ne peux résister à l’envie de quelques nouveautés à environ -30% par rapport aux prix français ! Malgré toutes mes questions je ne parviendrais jamais à découvrir les outlet ZARA dont l’adresse est quasi mise à prix sur la Toile, en revanche les MANGO outlets sont là et me voilà juchée sur une paire de sandales de cuir rouge verni à 14,90 au lieu de 64 ! Pas mal quand même ! Certaines boutiques sont superbes, FRIDAY’S PROJECT propose DIESEL, FORNARINA, CONVERSE, NOLITA, MUNICH, RARE, DOUBLE AGENT, je m’offre un pull très mode griffé ONIX pour 30 euros et des ballerines argentés GLORIA ORTIZ ressemblant à s’y méprendre à des Roger Vivier pour 60.

Pause déjeuner chez BOCCATA, chaîne style fast-food à l’espagnol mais au décor soigné qui propose « jamon, tortilla », baguette ou chapata pour 7 euros avec une boisson. Puis visite chez CORTEFIEL, spécialiste omniprésent de la vente au détail d’habillement qui outre sa ligne pour les plus de 30 ans propose également SPRINGFIELD et WOMEN’SECRET, leader de la lingerie en Espagne. Toute la parfumerie est chez IF, les espagnoles aiment le make-up, les lunettes de soleil et les accessoires glamour, elles seront cet été comme nous accro des franges à la Pocahontas (bottes TONY MORA), des sandales argentées (PURA LOPEZ), des fringues genre plexi (ANTONIO PERNAS), des mini tuniques (PEDRO DEL HIERRO ou MANGO), et de la tendance rétro (BLANCO). Elles tenteront de mincir, elles travailleront de plus en plus, elles habilleront dès qu’elle le pourront leurs enfants-roi chez TOMMY HILFINGER, RALPH LAUREN, GANT ou LA MARTINA, elles danseront le soir au GARAGE à Madrid ou au VERTICAL à Valence au son d’ARIEL ROT, l’enfant chéri du rock espagnol, en compagnie de leurs hommes si sombres et si beaux, elles se cambreront sur des musiques andalouses, elles rêveront de surfer dans l’espoir incongru de rencontrer SERGIO MUNIZ, elles réciteront FEDERICO GARCIA LORCA, elles voyageront, on les connaîtra mieux, elles sont nos sœurs européennes. Sibylle SASSI

La femme adultère (extrait) Federico Garcia Lorca A Lydia Cabrera y a su negrit
Je la pris près de la rivière
Car je la croyais sans mari
Tandis qu’elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s’éteignirent les lumières
Et s’allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis
Sa poitrine pour moi s’ouvrit
Comme des branches de jacinthes
Et dans mes oreilles l’empois
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par douze couteaux à la fois
Les cimes d’arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivière

Posted by Sibylle at 11:12:15 | Permalink | Comments (1) »

TOPSHOP - KATE MOSS

N’oubliez pas d’être le mercredi 2 mai à 11 h devant chez Colette pour être les premières (et probablement les seules) à avoir quelques pièces de la collection TOPSHOP per KATE MOSS! Bonne Chance, on se croisera peut-être!

Posted by Sibylle at 11:04:25 | Permalink | No Comments »

Friday, April 27, 2007

LES CHRONIQUES DU VENDREDI DE PHILIPPE MEYNIER

BONNE OU MAUVAISE FOI

Lorsque vous entendez quelqu’un invoquer sa bonne foi méfiez-vous. Elle n’est jamais si éclatante que chez celui qui se trompe lourdement. Dans l’erreur on invoque la bonne foi. L’une est proportionnelle à l’autre; elles croissent ensemble: quand celle-là est énorme, celle-ci est totale. Tant que l’on comptait avoir raison on ne se souciait pas de bonne ou de mauvaise foi.

De même de la sincérité. Ceux-là se proclament sincères à qui l’on peut reprocher leurs fautes ou qui reconnaissent s’être trompés. On ne s’excuse pas d’avoir raison ou de s’y efforcer. La recherche de la raison n’est pas coupable, seule l’erreur doit se faire pardonner.

On déduit trop facilement de ces aphorismes que la bonne foi comme la sincérité ne sont que des excuses absolutoires pour les pécheurs repentants ou les faux maitres démasqués. Elles seraient sans rapport avec le crime ou l’erreur qu’elles veulent atténuer. Mais elles n’en sont pas innocentes. Atténuer à l’avance toute erreur, excuser chaque faute avant qu’elle soit commise c’est trop souvent les préparer, les faciliter, en proclamant le droit à l’erreur  et bientôt le droit de l’erreur.

Alors pour celui qui veut garder la tête froide, qui se soucie de lucidité, bonne foi et sincérité deviennent quelques uns des signes de l’erreur et de la faute, de ces signes mystérieux qui éveillent l’esprit critique ou le gardent de la tentation de l’oubli.

Posted by Sibylle at 11:23:30 | Permalink | No Comments »

Tuesday, April 24, 2007

VINTAGE OR NOT

Nul besoin d’être papesse de la mode ou icône de la hype pour s’apercevoir de la place surprenante qu’a pris aujourd’hui la mode « vintage ». Est dite vintage toute pièce âgée d’au moins une quinzaine d’années, griffée et dans un état originel excellent. « Millésimé » ou, en anglais, « Vintage », culture moderne d’une nostalgie omniprésente dans la mode, représentation d’un moment unique, du style d’un créateur en vogue, d’une imagination attachée à un mythe, d’un désir valorisant d’être Unique. Alors beaux vêtement anciens pour le prix de l’ordinaire aujourd’hui ou rééditions neuves de modèles anciens, l’apparence fait tout, et le Vintage devient Roi.

Foudroyée de perplexité devant un tel raz-de-marée vintage, je me décide à aller chez COLETTE me mettre au fait de cette dernière tendance. Nos hommes doivent-ils à tout prix remettre leur vieux sweat ADIDAS pour paraître branchés ? Foule opaque et groove à dominante japonaise, vendeurs aux allures de junkies, mais mannequins supportant des robes étincelantes et sandales lamées divines, 10 ans après l’ouverture, la Mode est toujours là et le vintage à l’Homme visiblement bien installé. Pas de fripes bien sur ici, mais des rééditions et des pièces réactualisées : multitudes de polos, pièces indispensables de la garde-robe masculine du printemps, FRED PERRY, LACOSTE, ADIDAS, MONCLER, MARC JACOBS, LIBERTINE, JUNYA WATANABE (arrivée de la sublime collection LA MARTINA au mois de mai), tous terriblement seventies, bicolores et gansés, tee-shirts ORIGINAL FAKE, JOSH GOOT, FULL CIRCLE, baskets en édition limitée NIKE, REEBOOK, pulls tennis et vestes rayées fleurant une autre époque, le vintage homme se concentre principalement sur le thème des sports : bowling, foot, baseball, golf ou polo.

J’hésite entre la stupeur (va-t-il vraiment falloir racheter de ces trucs dont une partie est …discutable et pleine d’acrylique pour être hype ?) et la joie, me rappelant soudain la quantité de fripes entassées dans mes armoires de campagne (de magnifiques STAN SMITH datant de mes années de lycée il me semble, et des robes COURREGE empestant la naphtaline) en attendant d’être bazardées chez Emmaüs ! Coté femmes cependant, si on retrouve une tendance rétro dans les accessoires, boucles de souliers et sautoirs ROGER VIVIER très glamour rétro, sequins et diams omniprésents sur les robes, les encolures et les ceintures, hors de question de ressortir ses propres vieilleries, tout a été fashionisé et la brillance fait figure de loi : mocassins argentés CARSHOE, spartiates dorées JIMMY CHOO, ballerines REPETTO…l’été brillera.

Ennemie du renoncement et voulant boire la coupe jusqu’à la lie, je me traîne jusqu’au nouveau concept-store dont on parle: GUS. Je m’attends là aussi à une immensité vibrant de techno et tenue par une armada de vendeurs aux looks improbables, affreuse déception, 150m² tout au plus et un vendeur plutôt style étudiant propret ! Quant aux innombrables clients, ils se résumaient aujourd’hui à « moi ». Attention précision tout de même, l’endroit est réservé à l’Homme.

Le truc marrant, c’est que tout est à vendre : mobilier, lampes, tableau… les marques retenues, plutôt éclectiques, sont là aussi adeptes du vintage : vestes de STEPHANE PLASSIER, pulls et tee-shirts RYKIEL, CONVERSE, RALPH LAUREN, LEVIS VINTAGE, UNITY, exclusivités de l’espagnol FREDERICHOMS (72 euros) ou de MINGFACE (49 euros), le tout encore aux allures hallucinantes seventies.

Pour l’été il est prévu des collections alliant un coté plus classique à de la création et des détails pointus qui feront la différence. (THOMAS BURBERRY). Cosmétiques (TASK SHARPS, MYSTIC), accessoires et sous-vêtements (ARMANI, CALVIN KLEIN…) complètent l’offre, mais le choix n’est pas immense et quant au mobilier, je ricane en voyant une paire de vieux fauteuils club dont la moins fortunée de nous paierait bien pour se débarrasser. Le vendeur dégoûté me conseille la boutique en face, spécialisée, elle, dans le vrai vintage féminin. Mais la vue des trois premiers chemisiers en acrylique vert pomme et orange et de l’astrakan de ma grand-mère me terrorise et me fait fuir sous l’œil courroucé de la tenancière lookée folkeuse écoeurée par le petit carré DIOR 2007 aperçu dans mon décolleté !

Conclusion : Hors vintage cette saison point de salut, les hommes extravertis se tourneront vers la perfection fantaisiste d’ALEXANDER MC QUEEN, les plus classiques resteront fidèles à PAUL SMITH, et les autres… hausseront les épaules en caressant avec amour leur dernier costume HUGO BOSS plutôt sexy ! Sibylle SASSI

Posted by Sibylle at 19:15:41 | Permalink | No Comments »

Friday, April 13, 2007

LES CHRONIQUES DU VENDREDI DE PHILIPPE MEYNIER

L’AGE SACRE

 Notre temps a désacralisé la vieillesse. Les vieillards ne sont plus vénérés; on néglige leurs conseils autrefois reçus comme oracles; leur sagesse est radotage; le respect dont on les entourait s’en est allé.

Le langage reflète cette transformation. On ne parle presque plus de vieillards. Passé un certain âge, il n’y a plus que des retraités. Un sentimentalisme puissant nous incite à leur fournir des moyens de subsistance. Toute réforme augmentant leurs revenus est généralement appprouvée. Mais c’est un peu comme l’os à ronger. On leur donne une bonne retraite pour qu’ils ne prétendent pas diriger notre monde. Qu’ils aient leurs aises, mais qu’ils soient des rois fainéants. Qu’ils consomment, mais qu’ils se gardent de produire ou de commander; ils ne doivent plus être que les spectateurs des générations qui les suivent.

Mais le sacré n’a pas disparu; il a changé d’objet. Nous avons sacralisé la jeunesse. Autrefois, elle valait surtout par la beauté ou la force de son corps. Aujourd’hui c’est d’abord par sa pensée, sa volonté, ses exigences qu’elle vaut. Sa valeur même est non seulement plus grande qu’autrefois, elle est autre, elle est sacrée.

Qui oserait protester, même en son for antérieur, contre la pééminence de la jeunesse, contre son style, contre ses aspirations. N’a-t-elle pas “droit” aux plaisirs de la vie, à la liberté de ses choix, à la réalisation de ses rêves? Hier, la jeunesse devait demeurer en attente réservée devant la vieillesse sacrée. Aujourd’hui, la vieillesse est déchue; les jeunes ont pris sa place. Pour beaucoup cela parait naurel et bienveillant, pour d’autres c’est une effroyable injustice dont on ne se plaindra jamais assez. Pour quelques uns enfin, c’est actuellement ainsi sans plus de justification que ce qui était hier. Tout âge sacré ne l’est que par un ostulat. “C’est selon…” disent les bonnes gens.

Il n’y a point de sacré en l’homme, ni sa jeunesse, ni ses cheveux blancs; il n’y a de sacré que ce quelque chose indéfini dont parle Pascal : “l’Homme sait qu’il meurt et la supériorité de l’Univers sur l’Homme, l’Univers n’en sait rien…”

Posted by Sibylle at 16:10:58 | Permalink | No Comments »

Friday, April 6, 2007

JOYEUSES PAQUES

Aussi loin que je m’en souvienne Pâques a toujours été une fête. Un moment merveilleux, un instant à part. Nous allions passer les vacances en Charente, au bord de la mer et lorsque nous nous levions, souvent dès l’aube, nous nous précipitions dans le jardin soulever la moindre racine qui aurait pu cacher l’œuf apporté pendant la nuit par les Cloches de Rome. Nous ne fûmes jamais déçus, ma grand-mère ayant œuvré depuis fort longtemps afin que tous puissent se régaler de ses œufs peints, évidés et garnis d’un mélange connu d’elle seule que nous nous acharnerions ensuite pendant de longues années à tenter en vain de reproduire. Pâques triomphe de la Liberté, signe universel de Vie, jour choisi par Tolstoï ou Gogol pour changer la destinée de ses héros, souvenir d’un Louis XIV à son apothéose distribuant lui-même ses œufs d’or à la Cour et aux laquais, Paques fêtées cette année le même jour en Orient et en Occident, et Pâques devenu malgré tout le triomphe du Chocolat.

A jeun depuis plusieurs jours déjà, j’ai donc entamé la tournée, non des grands Ducs, mais des grands Chocolatiers. Résumé d’une quête longue mais savoureuse. Premier coup de cœur, PATRICK ROGER, le chocolatier le plus hype du moment, possède un site sur lequel les boites de chocolat traversent l’écran à toute vitesse sans qu’on puisse rien arrêter ni commander mais se rattrape sur une boutique au décor exceptionnel : hier encore d’immenses pingouins sublimes sur la banquise, symboles menacés et omniprésents actuellement du danger du réchauffement climatique attendaient patiemment le dégel pour se noyer avant d’être dévorés et remplacés par un décor de marguerites sans doute plus pascal (boite de Sardines garnies 29 euros). Un peu trop luxe, mais si tentantes, les créations de DALLOYAU sont proches de la perfection et scandaleusement bonnes, j’adore le « Chien qui rêve, Frison le Mouton ou Fleurette la Vache » (45 euros), celles de JEAN-PAUL HEVIN sont étranges, j’achète sa « Poule n’fish », créature à tête de poule et queue de poisson qui fera sûrement rire les plus petits enfants (46 euros les 310g).

Luxueuse également, LA MAISON DU CHOCOLAT propose, outre ses œufs, un atelier de cuisine destiné à apprendre à faire la ganache à tous ceux qui ne maîtriseraient pas encore cette technique essentielle de la vie quotidienne (70 euros la séance sur réservation). Plus abordables et toujours aussi bonnes, les « Langues de Chat » de GALLER, hommage à Philippe Geluck (10,90 euros les 18 pièces), et séduisante la nouvelle poule « Charlotte » de JEFF DE BRUGES, aux airs de bonne fille de basse-cour prête à être croquée et contente de l’être (9,70 euros). Présent partout en France, L’ATELIER DU CHOCOLAT, je ne sais pourquoi, m’a presque émue : tout le long des étagères, les petits animaux de chocolat sagement rangés ressemblent à s’y méprendre à des rangés de santons de Noêl, il se dégage des petits canards, des poussins, des chats, ou des chiens une sorte de douceur enfantine, une tendresse étrange qui m’ont obligée à en acheter trois douzaines d’un coup ! (1,90 pièce -malédiction je sais que je n’aurai jamais la force morale de les donner !) Et tout près de chez vous, MONOPRIX a adopté de très mignons oursons belges au design ultra moderne (ME TO YOU 5,99 euros pièce).

Mon cabas en osier et cuir blanc dentelé de chez REMINISCENCE est plein, mon estomac aussi, je renonce irréversiblement au chocolat pour sacrifier à la coutume des « habits neufs de Pâques » (de plus en plus suivie chez les grand-mères, sauf ma belle-mère qui connaît uniquement le verbe recevoir !). Aux antipodes de l’extravagance fêtée furieusement lors de l’EASTER PARADE new-yorkaise, THEORY, marque américaine créée il y a 10 ans arrive en France avec une allure Cote Est ultra-chic et sobre résultant de lignes épurées et de matières très luxueuses (pantalon 230 euros, tee-shirt 65). Je suis effondrée par la perfection de la robe rouge de la vendeuse tombant mollement le long de ses mollets galbés, tout est net, lisse et pur. Je sors en titubant sous le poids de mon incapacité à atteindre un tel nirvana, ma veste en cuir PLEIN SUD est fripée, mon rouge à lèvres DIOR ADDICT n° 427 se barre, ma poudre TERRACOTTA de chez GUERLAIN fait des plaques, je suffoque, je tombe brutalement, j’expire dans le caniveau sous l’œil indolent d’un monde aléatoire.
Sibylle SASSI

Posted by Sibylle at 13:30:29 | Permalink | Comments (1) »

LES CHRONIQUES DU VENDREDI DE PHILIPPE MEYNIER

MAUVAISE EDUCATION

 

Lorsque j’étais enfant, en rentrant de l’école, on me donnait traditionnellement pour goûter un morceau de pain et de chocolat dont je n’ai pas encore oublié la saveur. A cette occasion, l’éducation devant se faire à chaque instant, on ne manquait pas de blâmer les gourmands imprudents qui mangent d’abord leur chocolat avec avidité et doivent ensuite ingurgiter un morceau de pain sec. On m’apprenait à les plaindre, car il faut plaindre toute souffrance même légère; mais on me faisait reconnaître leur imprévoyance et on incitait mon âme naïve à les condamner.

Je ne tardais pas à m’interroger sur cette délicate question du pain et du chocolat en cherchant à échapper, d’abord timidement, aux principes qu’on avait cru m’imposer. Mon esprit se lassa vite de l’ordre banal du pain avec le chocolat; un non-conformisme un peu stoïcien me fit découvrir l’ordre nouveau : le pain avant le chocolat.

Un jour, j’allais m’isoler au fond du jardin emportant mon goûter; je commençais à manger le pain avec effort en contemplant une belle bille de chocolat au lait qui ferait bientôt mes délices. Certes le pain était sec et ma salive rare; je l’avalais avec difficulté. Mais j’étais soutenue par l’espoir et tant bien que mal, j’arrivais au bout d’un énorme crouton. Alors, fier de moi, fier de ce plaisir que je ne devrais qu’à mon courage, j’entamais le chocolat. Malheureusement il me parut fade et écoeurant. Je n’avais plus faim du tout. Je dus abandonner la bille à peine mordue, je me vois encore, pleurant de rage sur cette friandise que j’aimais tant et que j’étais obligé de laisser.

Cette leçon et ces larmes n’ont pas été perdues. Depuis ce jour, enfant un peu raisonnable ou homme qui s’essaie à le devenir, sans hésitation ni scrupule, quitte à laisser le pain, e commence toujours pas le chocolat…quel qu’il soit.

Posted by Sibylle at 13:24:47 | Permalink | No Comments »

Monday, April 2, 2007

PAQUES, AMSTERDAM, LONDRES

Cette semaine :

- Faites la chasse aux oeufs de Paques les 8 et 9 avril dans les Jardins de Vaux-le-Vicomte (de 10h à 18h, sans réservation, entrée 7,5 euros, gratuit pour les moins de 6 ans)

- Réservez une chambre à Amsterdam au Qbic Hotel, premier hotel low cost de la chaine hollandaise. Service réduit mais conception design très Philippe Starck. A partir de 39 euros la nuit ( qbichotels.com)

- Tentez une réservation à 15 euros le 10 avril sur la ligne du TGV Est européen : 390 000 places proposées (voyages-sncf.com)

- A Londres, allez chez COS, filiale chic de H&M. Les faschionistas vont s’y bousculer! Sibylle SASSI

Posted by Sibylle at 13:23:28 | Permalink | No Comments »