NIKE - FENCHURCH L’ALPHA ET L’OMEGA
ophique, mais non, les grands esprits ne se rencontrant pas toujours, il s’agit simplement du message messianique que veut faire passer NIKE en célébrant les 25 ans de la AIR FORCE ONE ! Foudroyée par un tel aplomb je me précipite néanmoins dans le conceptstore éphémère (événement « gorilla »), le FORCE CLUB, ouvert à Etienne Marcel. Entrée style boite de nuit, deux cerbères oreillettes en place et lunettes teintées, sanglés dans du Hugo Boss me dévisagent avec méfiance, mon gracieux sourire les convaincs sans doute et j’ai le droit de descendre. Enthousiasmée par ma propre réussite j’inspecte les lieux (je peux prendre mon temps je suis toute seule !) : décor industriel du designer Bruno Kilgore, salle de projo, les 6 joueurs mythiques de baskets Mases Malone, Michaël Cooper, Jamaal Wilhes, Bobby Jones, Michar Thompson et Calvin Natt, vêtus de combinaisons inter-galactiques incarnent les 6 éléments à la gloire de la AF1 : Héroïsme, Endurance, Excellence, Audace, Constance, Pureté. Rien que ça ! Sinon, que des godasses ! Une seule forme mais de toutes les couleurs. Il paraît que c’est la chaussure la plus vendue de tous les temps, Pas très féminine en plus. Le vendeur me conseille la légendaire WHITE ON WHITE Suprême 07, mais à 250 euros je lui rie au nez ! Enfin si ca vous tente tous les modèles seront sur les Champs. Dans la galerie voisine, le Performance de HAN BING me laisse pantoise : six choux ou approchants bien verts sont enchaînés au sol sous la menace de ciseaux géants tout velus ! Wu Gaozhong met en scène ses cauchemars dans lesquels les objets de la vie quotidienne se transforment en créatures sauvages et poilues…Ah l’Art !
Au bord de la psychose et trois Xanax plus loin je retrouve tout le long d’Etienne Marcel mes belles boutiques chéries pleines de choses miraculeuses pour le printemps : restons sportswear et streetwear avec BILL TORNADE (blouson rouge 230, jupe 140), PAUL ET JOE, DIESEL (la Diesel 1978 en toile blanche n’est, elle, qu’à 75), LEVI’S (jean blanc 80), REPLAY (sneakers noirs ou ciel 136), ET VOUS et SACHA. N’oubliez jamais de faire un tour chez KILIWATCH, ne serait-ce que pour feuilleter POP, W, VOGUE, ABOVE MAGAZINE, L’UOMO, TRACE, DEDICATE, SLURP ou FRAME qui à défaut de vous faire comprendre la mode vous montreront quelques jolies exemplaires de photos bien trash à tenter de reproduire pour pimenter la soirée.
Harassée comme une gagneuse au sortir d’un back-room je cours chez CITADIUM pour découvrir la collection londonienne FENCHURCH : crée en 2001, la marque de streetwear urbain a bénéficié de l’apport d’artistes, de designers, de photographes ou de musiciens (TACTEEL, TEKI LATEX) qui ont donné au style une culture secondaire qui, alliée à la popularité initiale d’instore, a permis un développement rapide. Bon, ceci dit, c’est pas super sexy mais c’est pas non plus très cher (tee-shirts 19,99 ; robe en maille 55…). Je reste un peu perplexe, Londres nous avait habitué à plus d’excentricité (surtout n’oubliez pas la collection KATE MOSS chez TOPSHOP). Bref, si vous faites partie des 48% de françaises qui pratiquent un sport, moi je vous conseillerais plutôt la simplicité d’un blouson PUMA noir ou blanc (70), un caleçon et un coupe vent STELLA MAC CARTNEY pour ADIDAS, une paire de REPETTO, de FEIYVE ou de VEJA (85 tendance commerce équitable), un petit poignet éponge LACOSTE pour le fun et un brin de métallisé argent pour le glamour. Laminée par cette débauche de marques, je me traîne jusqu’au stand hommes où une créature me refile en minaudant une paire de SWEAR blanches (135), une de BLACKSTONE, deux de PAUL SMITH et trois de BIKKEMBERGS. Mon Américan Express rend l’âme, un gouffre existentiel s’ouvre sous mes pas, je porte un imper PRADA, un sweat MISERICORDIA et des sneakers à lacets en anaconda. Anthropophagie. Sibylle.
Bonjour je me suis délecté à la lecture de votre blog… jolis textes et trouvailles branchées qui me laissent reveur en songeant à tous ces écrits lus sur internet, manquant d’intelligence et d’originalité. Bravo et merci pour ces instants rafraichissants. Gilles.