Vendredi, Juillet 13, 2007

LES CHRONIQUES DU VENDREDI DE PHILIPPE MEYNIER

ELOGES DE LA PARESSE

Lorsque j'étais écolier, il y avait dans ma classe deux élèves que j'estimais particulièrement car ils se disputaient les dernières places tout en poursuivant, tant bien que mal, le cycle difficile des études enfantines. Leur paresse était légendaire, mais il m'arriva une fois de les percer à jour.

Pour occuper cruellement un jeudi, on nous avait demandé de faire le résumé d'un chapitre d'Histoire de France. Cela représentait dans notre livre une dizaine de pages. Je ne sais comment je m'en tirais, mais je me souviens très bien du jour où le professeur corrigea les copies. L'un de mes condisciples avait recopié intégralement le chapitre de façon purement mécanique, probablement en rêvant aux prochaines vacances ou à quelque jeu merveilleux qu'il se préparait d'organiser dès qu'on lui en laisserait le loisir. L'autre avait pris la peine de lire le texte, de le comprendre, d'en retenir deux ou trois faits majeurs et de les décrire en 5 ou 6 lignes au plus. Peu importe le jugement que porta le professeur sur ces travaux. J'ai compris depuis la leçon de ces deux paresses divergentes et nobles.

La première était fuites de toute réflexion, de toute attention, de tout effort intellectuel, même au prix d'un effort physique long et pénible. Tout plutôt que comprendre. La seconde était volonté de rejeter la contrainte la plus longue. Tout pour gagner du temps. Comprendre, raisonner mais finir.

Quel était le plus sage des deux? Quel est celui qui sut le mieux triompher des embûches de la vie et notamment de ce piège insidieux qu'est le travail? Je vous le laisse à deviner et je voudrais bien le savoir.

Posted by Sibylle at 15:27:56 | Permanent Link | Comments (0) |
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